Suis-je vraiment capable de faire cette course ?
C’est une question que l’on m’adresse très fréquemment, que ce soit au détour d’un entraînement ou lors d’un bilan de début de saison. « Coach, est-ce que tu penses que je suis capable de faire cette course ? »
Qu’il s’agisse d’aller chercher un premier 10 km en moins de 40 ou 50 minutes, de se lancer sur un trail court, d’affronter un ultra-trail, de boucler un triathlon S ou de viser le sommet avec un triathlon XXL (format Ironman)… La version courte de ma réponse est toujours la même : « Oui, absolument ».
1. Le déclic mental : la question contient déjà un bout de la réponse
En préparation mentale, le simple fait de vous poser cette question n’est pas anodin. Avant cela, l’épreuve appartenait au domaine de l’impossible ou du fantasme inatteignable.
Dès l’instant où votre esprit formule « En suis-je capable ? », vous faites sauter un premier plafond de verre. Vous donnez à votre cerveau la permission cognitive d’explorer l’idée. Votre Sentiment d’Efficacité Personnelle (cette croyance intime dans vos ressources) se met en route. C’est donc que votre mental a déjà perçu qu’il existe un chemin possible entre qui vous êtes aujourd’hui et la ligne d’arrivée. Se poser la question est le signe que le moteur est allumé.
Quand on observe l’histoire du sport d’endurance, on découvre d’ailleurs des parcours extraordinaires qui démontrent que les barrières physiques et mentales ne sont bien souvent que des représentations. Des hommes et des femmes ont surmonté des obstacles considérables pour franchir la ligne d’arrivée :
- L’histoire inspirante de Laurent, qui a fait l’objet d’un très beau film français (voir la vidéo),
- Des athlètes handisport exceptionnels équipés de lames en carbone. Ou accomplissant l’épreuve à la seule force des bras (voir la vidéo),
- L’incroyable solidarité de deux frères qui traversent l’épreuve ensemble (voir la vidéo),
- Ou encore l’une des histoires les plus célèbres de la légende Ironman (voir la vidéo).
Au vu de ces exemples, la question n’est pas de savoir si le corps humain en est capable. La vraie question est de savoir si l’on est prêt à construire le projet pour y parvenir.
2. La quête du « Pourquoi » : la nécessité de motivations profondes
S’aligner sur un nouvel objectif ne peut pas reposer sur une simple envie passagère. Car ce n’est pas tous les jours « fun ». Dans les moments de doute, de baisse d’énergie ou de météo capricieuse, votre motivation initiale va être mise à rude épreuve.
Et soyons clairs. Un défi lancé au bout de la nuit lors d’une soirée entre ami(e)s ne vous fera pas sortir du lit à 5 heures du matin sous une pluie battante. Une envie superficielle (« c’est stylé de le faire » ou « pour la photo sur les réseaux »)… Cela vole en éclats à la première vraie difficulté.
Pour tenir bon, il est essentiel de développer 2 à 3 « Pourquoi » profonds. Pourquoi plusieurs ? Parce que dans la douleur ou l’épuisement, un levier mental peut flancher. Il faut immédiatement qu’une autre réponse prenne le relais au fond de vous :
- Un « Pourquoi » intime et personnel : Une quête de dépassement. C’est donc une réponse à un besoin de reconstruction ou l’envie de vous prouver de quoi vous êtes réellement capable.
- Un « Pourquoi » tourné vers le cheminement : L’amour de la discipline au quotidien. Ici c’est la fierté d’adopter un mode de vie exigeant et le plaisir d’apprendre sur son corps au fil des semaines.
- Un « Pourquoi » d’ancrage extérieur : L’exemple que vous souhaitez incarner pour vos enfants, le soutien de vos proches ou l’engagement fort pris envers votre démarche.
Avant de signer votre bulletin d’inscription, prenez le temps de chercher ces réponses ancrées. Ce sont elles — et uniquement elles — qui constitueront votre bouclier mental quand le doute s’installera.
3. Les piliers de la réussite : au-delà du simple entraînement physique
Réussir un défi sportif, quelle que soit sa distance, repose sur la maîtrise d’un ensemble de facteurs interconnectés :
- L’organisation au quotidien : C’est la clé de voûte. Un projet sportif réussi est aussi un projet qui s’intègre harmonieusement dans votre vie professionnelle, personnelle et familiale, sans créer un surstress permanent.
- L’aspect mental : Apprendre à accepter l’inconfort, savoir découper une épreuve en petites étapes digestes et donc développer une résilience face aux imprévus du jour J.
- La diététique et l’énergétique : On ne prépare pas une course sans penser au carburant. L’entraînement sert aussi à tester la tolérance digestive, la stratégie d’apport en glucides et l’hydratation, qui deviennent prépondérantes dès que l’effort se prolonge.
- L’aspect matériel et technique : Choisir l’équipement adapté à son niveau et à la météo, maîtriser son vélo, rôder ses chaussures ou sa combinaison pour ainsi éviter les blessures d’usure et les pépins mécaniques.
4. Estimer pour mieux se projeter
Pour vous aider à poser des chiffres réalistes sur ce que représente la préparation d’un objectif d’envergure comme un triathlon XXL (en termes de volumes, d’allures et de découpage), j’avais réalisé une vidéo explicative basée sur un outil d’estimation.
👉 Regarder la vidéo d’estimation et de calcul d’allures
En conclusion du « suis-je capable ? »
Plutôt que de décider à votre place, je vous retourne la question : Êtes-vous capables de finir ce 10 km sous la barre que vous vous êtes fixée ? Êtes-vous capables de franchir la ligne d’arrivée de ce trail, de cet ultra-trail, ou de ce triathlon XXL ?
Si vos « Pourquoi » sont clairs, que votre démarche est réfléchie et que vous abordez la préparation avec méthode, la réponse est déjà en vous. À vous de jouer !
