Peut-on faire confiance aux montres pour estimer notre VO2 max ?
L’étude que je partage avec vous et que vous trouverez en dessous de cet article est une revue systématique avec méta-analyse. En d’autres termes, il ne s’agit pas d’une expérience unique, mais d’une synthèse de 14 études de validation différentes qui ont examiné l’exactitude des montres connectées dans l’estimation de la consommation maximale d’oxygène (VO2 max) afin de savoir si nous pouvons faire confiance aux montres pour estimer notre VO2max.
Cette approche méthodologique est la plus élevée dans la hiérarchie des preuves scientifiques. Elle confère un très haut niveau de sérieux à ses conclusions. La recherche a été menée par le consortium INTERLIVE, un réseau international de chercheurs de six universités et d’une entreprise technologique (Huawei).
Les chercheurs ont analysé 1224 études potentielles pour n’en retenir finalement que 14, qui répondaient à des critères d’inclusion stricts. Le risque de biais pour la plupart des études incluses (79 %) a été jugé « élevé ». Cela souligne l’importance d’une méthodologie rigoureuse pour les futures recherches.
La méta-analyse a regroupé les données de 403 participants. La mesure de VO2 max de référence en laboratoire se fait à l’aide de la calorimétrie indirecte. C’est la méthode la plus précise pour cette mesure.
Voici les conclusions de cette méta-analyse…
L’exactitude des montres varie selon la méthode d’estimation
La méta-analyse montre une différence entre les montres qui estiment le VO2 max en se basant sur les données au repos et celles qui utilisent des données basées sur l’exercice. Les appareils qui utilisent des algorithmes basés sur l’exercice, comme ceux de Garmin ou Fitbit, sont nettement plus précis. Leur biais moyen, c’est-à-dire l’erreur moyenne sur un grand groupe de personnes, est de seulement -0,09 ml·kg−1·min−1.
À l’inverse, les appareils qui estiment le VO2 max en conditions de repos surestime la valeur de manière significative.
Une validité pour le groupe, mais une fiabilité limitée pour l’individu
Bien que ces montres soient précises pour observer les tendances au niveau d’une population, il faut être prudent lorsqu’il s’agit du suivi individuel.
L’étude a révélé une erreur aléatoire importante pour chaque mesure. Les limites d’accord, qui représentent la marge d’erreur pour une personne, sont de -9,92 à 9,74 ml·kg−1·min−1 pour les montres basées sur l’exercice.
Pour une population, la montre est globalement performante. En revanche, la montre affiche une valeur considérablement différente de votre véritable VO2 max mesuré en laboratoire. Mais pour les sportifs et les cliniciens, cette large marge d’erreur rend ces données difficiles à utiliser.
Importance de l’algorithme et du capteur de fréquence cardiaque dans la confiance aux montres
L’étude a également identifié que le type de capteur de fréquence cardiaque joue un rôle. Les dispositifs utilisant un capteur optique au poignet avaient une plus grande marge d’erreur que ceux utilisant une ceinture pectorale (sangle de poitrine), jugée plus fiable. Cependant, les nouvelles technologies et les algorithmes plus récents tendent à améliorer la précision.
